ToxiQuestItem 115 (LiSA 2026) · Toxidermies — sous-colle EDN à trois
Étape 1 · Préchauffage

Fiches interactives : on apprend en jouant

Neuf fiches calées sur la fiche LiSA 2026 de l'item 115 et sur la pharmacovigilance de l'item 325. Pour chacune : 📖 lire, 🙈 réciter en texte à trous, 🎯 mini-jeu, 🧠 cartes flash. Ce qui dépasse la fiche LiSA est signalé Compl. Collège.

Préchauffage
Mode d'emploi à trois : 1) un joueur lit la fiche à voix haute ; 2) on passe en 🙈 Réciter : chacun son tour dit le mot caché avant de cliquer dessus ; 3) le mini-jeu se fait ensemble ; 4) les cartes flash tournent autour de la table. Une fiche devient verte quand tout est fait. Les photos sont masquées : décrivez la lésion avant de la révéler.
1Définition, mécanismes, épidémiologie, terrainRANG ARANG B

Définition A OIC-115-01-A

Une toxidermie est toute manifestation cutanée (± muqueuse) indésirable provoquée par un médicament pris à dose thérapeutique, quelle que soit sa voie d'administration (orale, injectable, sous-cutanée, topique…). Tout médicament peut en être responsable.

Deux grands mécanismes B OIC-115-02-B

Non immunologiqueImmunologique (immuno-allergique)
MécanismeEffet pharmacodynamique (effet direct ou latéral du médicament)Hypersensibilité immédiate IgE-médiée ou retardée (lymphocytes T)
FréquenceFréquentPeu fréquent
Dose-dépendantOuiNon
PrévisibleOuiNon
DélaiVariablePlusieurs jours à plusieurs semaines
MortalitéFaibleSelon le type, jusqu'à 25 % pour une nécrolyse épidermique
ExemplesChéilite sous rétinoïdes, alopécie des antimitotiquesDRESS à l'allopurinol

Piège : un même tableau clinique peut relever de mécanismes différents.

Fréquence et pronostic B OIC-115-03-B

  • Prévalence hospitalière : 0 à 8 % des patients exposés à un médicament.
  • Formes les plus fréquentes : exanthème maculo-papuleux, 40 à 60 % des notifications ; urticaire, 20 à 30 %.
  • Plus de 90 % sont bénignes. Les formes qui menacent le pronostic vital sont exceptionnelles : 1 cas pour 10 000 à 1 000 000 de patients traités.

Terrain : virus et immunosuppression B OIC-115-05-B

  • L'infection par le VIH augmente le risque de toxidermie.
  • Le DRESS s'accompagne de réactivations des virus du groupe herpès : HHV-6, HHV-7, EBV, CMV.
  • Toute immunosuppression, quelle qu'en soit la cause, favorise les toxidermies.
  • Compl. Collège Mononucléose (EBV) traitée par aminopénicilline : exanthème très fréquent. Terrain génétique HLA : HLA-B*58:01 et allopurinol, HLA-B*15:02 et carbamazépine (populations d'Asie du Sud-Est), HLA-B*57:01 et abacavir.
2Chronologie : les délais d'apparition à connaître par cœurRANG A

Le délai entre l'introduction du médicament et les premiers signes est la clé de l'imputabilité (OIC-115-09-A et 115-10-A). Échelle logarithmique :

Urgence vitale possiblePotentiellement graveHabituellement bénin
Deux sources, deux chiffres : LiSA 2026 donne pour le DRESS un délai de 2 à 6 semaines ; le PNDS DRESS 2024 de la HAS dit 2 à 8 semaines, avec des DRESS plus précoces (produits de contraste iodés : 1 à 4 jours, bêta-lactamines). Pour la nécrolyse épidermique : 4 à 28 jours, au maximum 56 jours (PNDS 2023). Le jeu suit LiSA ; les questions 💀 EDN+ testent aussi les PNDS.
ToxidermieDélai typique (LiSA)Moyen mnémotechnique
Urticaire, angiœdème, anaphylaxieMinutes à heures« Immédiat = IgE »
Érythème pigmenté fixe< 48 heures« Fixe et express »
PhototoxicitéQuelques heures après l'exposition solaire« Coup de soleil anormal »
PEAG1 à 11 jours (souvent quelques jours)« Pustules pressées »
Exanthème maculo-papuleux4 à 14 jours« La deuxième semaine »
Nécrolyse épidermique (SJS / Lyell)4 à 28 jours« Un mois au plus »
Photoallergie7 à 21 jours« Il faut s'être sensibilisé »
DRESS2 à 6 semaines« Le plus tardif des graves »
Réactions psoriasiformes, lupus induitPlusieurs semaines à plusieurs mois« Biothérapies au long cours »

Compl. Collège En cas de réexposition chez un patient déjà sensibilisé, le délai est raccourci (souvent 1 à 2 jours).

3Sémiologie : reconnaître chaque toxidermieRANG AB (photosensibilité)

OIC-115-06-A · 07-A · 08-A · 09-A · 11-A · 04-B

Exanthème maculo-papuleux (EMP) A

4 à 14 jours · 40-60 % des toxidermies
  • Lésions polymorphes : macules, papules ; morbilliforme (intervalles de peau saine) ou scarlatiniforme (nappes sans intervalle).
  • Pas d'énanthème en règle ; prurit fréquent.
  • Évolution favorable en moins d'une semaine après l'arrêt, avec desquamation fine Collège.

Urticaire & angiœdème A

Minutes à heures
  • Papules œdémateuses à halo érythémateux, prurigineuses, fugaces et migratrices (chaque élément disparaît en 24-48 h sans trace).
  • Angiœdème = urticaire profonde, touche volontiers les muqueuses.
  • Toujours chercher l'anaphylaxie : signes respiratoires (hypersialorrhée, dysphonie, dyspnée, bronchospasme), cardiovasculaires (tachy- ou bradycardie, hypotension), digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).

Urticaire : deux mécanismes A

OIC-115-07-A
  • Non immunologique (AINS, aspirine à dose anti-inflammatoire, codéine…) : possible dès la 1re prise, inconstante chez un même patient, dose-dépendante ; pas de contre-indication formelle.
  • IgE-médiée : exige une sensibilisation préalable ; contre-indication formelle (risque d'anaphylaxie).
  • Compl. Collège Angiœdème bradykinique des IEC : sans urticaire, possible après des années, anti-H1 et corticoïdes inefficaces.

PEAG (pustulose exanthématique aiguë généralisée) A

1 à 11 jours
  • Érythème en nappe scarlatiniforme prédominant dans les grands plis, couvert de pustules amicrobiennes non folliculaires.
  • Fièvre, altération de l'état général ; atteinte muqueuse rare.
  • Hyperleucocytose à PNN ; guérison rapide après l'arrêt avec desquamation Collège.

Nécrolyse épidermique toxique (SJS / Lyell) A

4 à 28 jours · mortalité jusqu'à 25 %
  • Début peu spécifique : fièvre, altération de l'état général, brûlures oculaires, pharyngite, éruption érythémateuse douloureuse.
  • En quelques jours : érosions muqueuses multifocales, bulles, signe de Nikolsky (l'épiderme se détache au frottement d'une peau d'aspect sain), décollements en lambeaux.
  • Atteintes viscérales possibles : épithélium bronchique, digestif.
  • SJS < 10 % de surface décollée ; Lyell ≥ 30 % ; entre les deux : chevauchement Collège.
  • Réépithélialisation en 10 à 30 jours ; séquelles fréquentes : baisse d'acuité visuelle, photophobie, troubles pigmentaires, cicatrices, stress post-traumatique.

NET : atteinte muqueuse et oculaire A

Signe d'alarme dès le début
  • Érosions buccales hémorragiques, conjonctivite, érosions génitales.
  • Le signe de Nikolsky n'a pas de photo libre de droits : retenez le geste (friction latérale d'une peau d'apparence saine qui se décolle) et l'aspect de « linge mouillé » de l'épiderme décollé.

DRESS A

2 à 6 semaines
  • Éruption infiltrée, de l'EMP jusqu'à l'érythrodermie ; œdème du visage et des extrémités.
  • Fièvre élevée, adénopathies diffuses.
  • Hyperéosinophilie et/ou lymphocytose avec syndrome mononucléosique.
  • Atteintes viscérales pouvant engager le pronostic vital : hépatite, néphropathie interstitielle, pneumopathie interstitielle, myocardite, syndrome d'activation macrophagique.
  • Réactivations HHV-6, HHV-7, EBV, CMV.

Aucune photo de DRESS n'existe sous licence libre sur Wikimedia Commons : l'illustration montre une érythrodermie, stade extrême possible.

Érythème pigmenté fixe (EPF) A

< 48 heures
  • 1 à 10 macules arrondies de quelques centimètres, rouge sombre, souvent douloureuses et infiltrées (plaques).
  • Sièges préférentiels : organes génitaux, lèvres.
  • Récidive au même endroit à chaque prise ; pigmentation résiduelle. Forme bulleuse généralisée possible (grave).

Photosensibilité : 2 mécanismes B

OIC-115-04-B
  • Éruption déclenchée par le soleil, photodistribuée (visage, décolleté, extrémités).
  • Phototoxicité : quelques heures après l'exposition ; dépend de la dose de médicament et d'UVA ; aspect de coup de soleil ± bulles, limité aux zones exposées.
  • Photoallergie : délai de 7 à 21 jours ; expositions minimes suffisantes ; aspect eczématiforme, prurigineux, qui déborde sur les zones couvertes.

Autres toxidermies A

Semaines à mois de traitement
  • Psoriasiformes : lésions érythémato-squameuses ± pustuleuses (paumes, plantes, cuir chevelu), chez environ 5 % des patients sous biomédicaments, surtout anti-TNFα.
  • Acnéiformes : papulo-pustules du visage et du tronc, toxicité spécifique des anti-EGFR.
  • Lupus subaigu induit : lésions annulaires érythémateuses ± érosives du décolleté et du dos.

Signes de gravité devant toute éruption médicamenteuse Compl. Collège

  • Cutanéo-muqueux : douleurs ou brûlures cutanées, érosions muqueuses, bulles, Nikolsky, décollement, purpura, nécrose, œdème du visage, extension rapide, érythrodermie.
  • Généraux : fièvre élevée, altération de l'état général, adénopathies, signes d'anaphylaxie.
  • Biologiques : hyperéosinophilie, lymphocytes atypiques, cytolyse hépatique, insuffisance rénale, cytopénies.
  • Le prurit n'est pas un signe de gravité.

Diagnostics différentiels de la nécrolyse épidermique Compl. Collège

DiagnosticCe qui le distingue
Érythème polymorphe (majeur)Post-infectieux (herpès, Mycoplasma), récidivant ; cocardes typiques des extrémités ; décollement limité.
Épidermolyse staphylococcique (SSSS)Enfant, foyer staphylococcique ; clivage très superficiel ; pas d'atteinte muqueuse.
Dermatoses bulleuses auto-immunesImmunofluorescence directe positive (négative dans la NET).
PEAG avec pseudo-NikolskyPustules amicrobiennes des plis, PNN, délai court.
EPF bulleux généraliséAntécédent d'EPF au même endroit, peu d'atteinte muqueuse, état général conservé.
4Tableau comparatif des urgences vitales : DRESS · PEAG · SJS/LyellRANG A+ Collège
DRESSPEAGSJS / Lyell (NET)
Délai2 à 6 semaines1 à 11 jours4 à 28 jours
DébutFièvre élevée, éruption qui s'étendBrutal, fièvre élevéeProdromes : fièvre, brûlures oculaires, pharyngite, douleurs cutanées
PeauÉruption infiltrée (EMP → érythrodermie), œdème du visage et des extrémitésÉrythème en nappe des grands plis, pustules amicrobiennes non folliculairesMacules sombres, bulles flasques, Nikolsky +, décollement en linge mouillé
MuqueusesPeu atteintesRarementÉrosions multifocales (bouche, yeux, organes génitaux)
Signes associésAdénopathies diffusesAltération de l'état généralAtteinte bronchique ou digestive possible
BiologieHyperéosinophilie, lymphocytose, syndrome mononucléosiqueHyperleucocytose à PNNPas de marqueur ; urée, bicarbonates et glycémie pour le SCORTEN
Organes menacésFoie (jusqu'à l'hépatite fulminante), rein, poumon, cœur, syndrome d'activation macrophagiqueRaresDéfaillance multiviscérale, sepsis (1re cause de décès, Collège)
Histologie CollègeInfiltrat lymphocytaire ± éosinophiles, non spécifiquePustules sous-cornées ou intra-épidermiquesNécrose de toute l'épaisseur de l'épiderme, IFD négative
ScoreRegiSCAR—SCORTEN
Médicaments typiques CollègeAllopurinol, antiépileptiques aromatiques, sulfamides (sulfasalazine, dapsone), minocycline, névirapine, vancomycineAminopénicillines, pristinamycine, diltiazem, hydroxychloroquine, terbinafineAllopurinol, antiépileptiques (carbamazépine, lamotrigine, phénytoïne, phénobarbital), sulfamides anti-infectieux, AINS (oxicams), névirapine
ÉvolutionProlongée, poussées (réactivations virales), maladies auto-immunes à distance ; mortalité ≈ 5-10 % (Collège)Guérison rapide après l'arrêt, desquamation ; mortalité faible (sujets âgés)Réépithélialisation en 10-30 j ; mortalité jusqu'à 25 % ; séquelles fréquentes
Traitement CollègeArrêt ; dermocorticoïdes très forts ; corticothérapie générale si atteinte viscérale sévèreArrêt ; soins locaux ± dermocorticoïdesArrêt ; réanimation ou centre des brûlés ; traitement symptomatique ; pas de corticoïdes ; soins ophtalmologiques quotidiens
5Scores pronostiques : SCORTEN & RegiSCARCompl. Collège

Ces deux scores ne figurent pas en toutes lettres dans la fiche LiSA ; ils servent à reconnaître et à évaluer la gravité (OIC-115-06-A et 115-11-A) et tombent en dossier progressif.

SCORTEN (nécrolyse épidermique, à J1)

Critère (1 point chacun)Seuil
Âge≥ 40 ans
Fréquence cardiaque≥ 120 /min
Cancer ou hémopathiePrésent
Surface décollée (ou décollable)> 10 %
Urée sanguine> 10 mmol/L
Bicarbonates< 20 mmol/L
Glycémie> 14 mmol/L
SCORTEN0-1234≥ 5
Mortalité3 %12 %35 %58 %> 90 %

Moyen mnémotechnique : « ÂGé, Cœur, Cancer, Surface, Urée, Bicar, Glucose ».

RegiSCAR (DRESS)

CritèreCotation
Fièvre ≥ 38,5 °CNon : −1 · Oui : 0
Adénopathies (> 1 cm, ≥ 2 aires)Oui : +1
Éosinophilie0,7-1,49 G/L : +1 · ≥ 1,5 G/L : +2
Lymphocytes atypiquesOui : +1
Éruption > 50 % de la surface corporelleOui : +1
Éruption évocatrice (≥ 2 : œdème du visage, infiltration, desquamation, purpura)Non : −1 · Inconnu : 0 · Oui : +1
Biopsie évoquant un autre diagnosticOui : −1
Atteinte d'organe1 : +1 · ≥ 2 : +2
Évolution ≥ 15 joursNon ou inconnu : −1 · Oui : 0
Autres causes éliminées (≥ 3 examens négatifs)Oui : +1

< 2 : exclu · 2-3 : possible · 4-5 : probable · > 5 : certain.

6Médicaments à haut risqueRANG A (imputer)Listes : Collège
MédicamentToxidermies associéesPoint clé
AllopurinolDRESS, NETDose à adapter à la fonction rénale ; HLA-B*58:01
Antiépileptiques : carbamazépine, oxcarbazépine, phénytoïne, phénobarbital, lamotrigineDRESS, NETLamotrigine : titration lente, risque accru avec le valproate ; carbamazépine et HLA-B*15:02
Sulfamides anti-infectieux (cotrimoxazole), sulfasalazine, dapsoneNET, DRESSTerrain VIH à risque
AINS (oxicams surtout)NET ; aussi urticaire non immunologique, EPFAutomédication à rechercher
NévirapineNET, DRESSAntirétroviral
AminopénicillinesEMP (surtout si mononucléose), PEAG, urticaire, anaphylaxieToxidermie la plus « classique » en ville
Pristinamycine, diltiazem, hydroxychloroquine, terbinafinePEAG
Minocycline, vancomycineDRESS
Paracétamol, AINS, cotrimoxazole, cyclinesEPFRécidive au même site
IECAngiœdème bradykiniqueSans urticaire ; contre-indication définitive
Anti-TNFα / anti-EGFRPsoriasiformes / acnéiformesToxicités des biothérapies et thérapies ciblées
Cyclines, quinolones, amiodarone, phénothiazines, kétoprofène topiquePhotosensibilitéKétoprofène : photoallergie
7Imputabilité : la démarcheRANG AB (item 325)

OIC-115-10-A · OIC-325-09-B

  1. Lister tous les médicaments avec leurs dates de début et d'arrêt : automédication, phytothérapie, collyres, produits de contraste, vaccins. Dessiner une frise chronologique.
  2. Imputabilité intrinsèque (le patient) : délai compatible avec le type de toxidermie, évolution à l'arrêt, antécédent de réaction au même médicament, sémiologie compatible, absence d'autre cause.
  3. Imputabilité extrinsèque (la notoriété) : accidents identiques déjà rapportés avec ce médicament.
  4. Conclure : médicament(s) suspect(s) contre-indiqué(s) et carte d'allergie remise au patient.
Pièges classiques Collège
  • Le paracétamol ou l'AINS pris pour les prodromes (fièvre, angine) d'une NET est rarement le coupable : il a été introduit après le début de la maladie (biais protopathique).
  • Un traitement pris depuis des années sans interruption est très peu suspect de NET ou de DRESS.
  • La réintroduction (test de provocation) est contre-indiquée dans les formes graves (NET, DRESS).

Bilan allergologique Compl. Collège

  • À distance (en général 6 semaines à 6 mois après la guérison), en milieu spécialisé.
  • Patch-tests pour les réactions retardées (EMP, PEAG, DRESS, EPF testé sur la lésion) ; prick-tests et intradermoréactions pour les réactions immédiates (urticaire, anaphylaxie).
  • Un test négatif n'autorise pas à lui seul la réintroduction d'un médicament responsable d'une forme grave.
8Conduite à tenir et traitementsRANG A+ Collège

Pour toutes les toxidermies

  1. Arrêt immédiat du ou des médicament(s) suspect(s) (et de tout médicament non indispensable dans les formes graves).
  2. Rechercher les signes de gravité et orienter (ambulatoire, hospitalisation, réanimation).
  3. Contre-indication définitive du médicament imputé (et, par prudence, des molécules apparentées dans les formes graves).
  4. Carte d'allergie, mention dans le dossier et le courrier de sortie, information du médecin traitant.
  5. Déclaration au CRPV (centre régional de pharmacovigilance).
  6. Bilan allergologique à distance.

Selon la forme

  • EMP sans gravité : arrêt, émollients ± dermocorticoïdes, anti-H1 si prurit, surveillance.
  • Urticaire : arrêt, anti-H1 de 2e génération (item 187).
  • Choc anaphylactique : adrénaline IM 0,01 mg/kg (0,5 mg pour 50 kg), face latérale du tiers moyen de la cuisse, à renouveler toutes les 5 min ; remplissage par cristalloïdes ; salbutamol inhalé si bronchospasme. La voie IV (titration à 0,001 mg/kg) est réservée aux équipes entraînées. Les corticoïdes ne sont pas une urgence (prévention du rebond) ; les anti-H1 n'agissent que sur les signes cutanéo-muqueux (item 332, OIC-332-13-A).
  • PEAG : arrêt, soins locaux, dermocorticoïdes, antipyrétiques ; pas d'antibiotique (pustules amicrobiennes).
  • DRESS Collège : hospitalisation, bilan d'organes, dermocorticoïdes de très forte activité ; corticothérapie générale en cas d'atteinte viscérale sévère, avec décroissance lente ; suivi prolongé (poussées, thyroïdite ou diabète auto-immuns à distance).
  • NET Collège : transfert en réanimation, centre des brûlés ou service spécialisé en lien avec un centre de référence ; chambre chauffée (28-32 °C), compensation hydroélectrolytique, nutrition entérale, antalgiques (morphiniques), anticoagulation préventive, pansements non adhérents, examen ophtalmologique quotidien et soins oculaires pluriquotidiens, soins de bouche ; surveillance infectieuse, pas d'antibioprophylaxie ; pas de corticothérapie générale (aucun bénéfice démontré, risque infectieux).
9Pharmacovigilance et suites médico-légalesRANG ARANG B

Item 325 : OIC-325-01-A · 08-A · 09-B · 10-A · 20-B · 21-B

Effet indésirable médicamenteux A

Réaction nocive et non voulue suspectée d'être due à un médicament, que l'usage soit conforme ou non : hors AMM, surdosage, mésusage, abus, erreur médicamenteuse, interaction, grossesse ou allaitement, exposition professionnelle.

Qui déclare, quoi, comment ? A

  • Obligation pour les médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes et sages-femmes, en particulier pour les effets graves et/ou inattendus. Les patients et associations agréées peuvent aussi déclarer.
  • La suspicion suffit : pas besoin de certitude d'imputabilité.
  • Déclaration au CRPV du territoire : portail signalement.social-sante.gouv.fr ou formulaire Cerfa.

Organisation A

  • CRPV (coordonnés par l'ANSM) : recueil, analyse, imputabilité, détection du signal, information des professionnels, expertise, recherche.
  • Circuit des cas : base nationale (ANSM) → Eudravigilance (Agence européenne du médicament) → base de l'OMS.

Indemnisation B

  • Accident médical sans faute (aléa thérapeutique, affection iatrogène) : indemnisation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale, après saisine de la CCI (procédure gratuite, sans avocat obligatoire).
  • Seuils de gravité : AIPP > 24 %, ou arrêt des activités professionnelles ≥ 6 mois, ou déficit fonctionnel temporaire ≥ 50 % pendant ≥ 6 mois ; à titre exceptionnel, inaptitude définitive à la profession ou troubles particulièrement graves dans les conditions d'existence.
  • Délai : 10 ans à compter de la consolidation.
✓Couverture des objectifs LiSA (OIC) par l'application…